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Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /Sep /2006 09:43

A qui profite la croissance ?

 

De nos jours les performances économiques et sociales de nos sociétés sont mesurées à l’aune de la croissance. Ce terme est utilisé pour décrire une augmentation de la production sur le long terme. En pratique, l'indicateur utilisé pour la mesurer est le produit intérieur brut (PIB - la valeur totale de tous les biens et services produits dans un pays donné au cours d'une année donnée), et le taux de croissance est le taux de variation du PIB. De même, on utilise la croissance du PIB par habitant pour mesurer la croissance du niveau de vie.

 

En résumé, plus le pays produit, plus le pays est riche. Mais attention, tout est relatif. Niveau de vie n’est pas synonyme de qualité de vie (les pays où les gens sont les mieux lotis ne sont pas forcément les plus riches) et la quantité de richesses d’un pays n’a rien à voir avec la répartition de ces richesses au sein de celui-ci. Ni même n’est garanti que ceux qui produisent la richesse effective soient ceux qui en profitent. Donc, quand vous entendez le premier ministre se féliciter que le taux de croissance sera de 2.5% cette année, ne vous réjouissez pas trop vite mais posez vous la question de qui en profitera.

Dans une société de consommation capitaliste telle que la nôtre la croissance est un but en soi car vitale pour le système. Les techniques de production s’améliorent d’années en années et de ce fait la productivité augmente (entre 2 à 3% par an en moyenne en France). C'est-à-dire que pour produire un même bien ou service, le temps et les moyens nécessaires à sa production diminuent d’années en années grâce aux progrès techniques. Une des conséquences c’est qu’une entreprise donnée aura de moins en moins besoin de main d’oeuvre.

Si la croissance est inférieure à l’augmentation de la productivité, alors mécaniquement le taux de chômage augmentera, et de là le cycle infernal de pertes de recettes pour l’Etat, dépenses sociales en hausses etc etc. Pour compenser l’augmentation de productivité, il faut produire plus pour embaucher, donc croître plus vite, toujours plus vite. Voilà, c’est ça la croissance. Je reconnais que c’est très simplifié et j’oblitère les effets de l’inflations, épargne, taux d’intérêts etc etc mais le processus global est je crois respecté dans ces grandes lignes.

 

Bon, mais alors qui profite de la croissance ? Théoriquement tout le monde.

  • Tout d’abord, les chômeurs. En effet, plus on produit, plus on a besoin de main d’œuvre et plus les entreprises embauchent.
  • Les entreprises et leurs salariés. Elles gagnent plus donc investissent plus sur l’avenir et augmentent les salaires. 
  • Les actionnaires des entreprises qui montent. Les cours de leurs actions montent (pas toujours quand même) ainsi que les dividendes versés.
  • Par extension tout le monde car les charges sociales baissent ou sont attribuées à la consolidation du bien commun (plus d’argent pour la santé, l’éducation, les routes etc etc).

 

Mais la théorie ….. n’est bien sûr qu’une théorie….

 

Capital Vs Travail

La part des revenus du capital (de ceux qui ont déjà de l’argent en surplus à investir) dans le PIB est en constante augmentation par rapport aux revenus du travail (les salaires). Aux USA, la part des salaires dans le PIB est tombée de 54 % en 1970 à 46 % depuis 2003 et devrait chuter vers 40% vers 2050 (Voir « la Lettre des Libéraux » http://cerclesliberaux.com/la_lettre_des_liberaux/4_11_2005/article11.htm ). Le même texte énonce « Les bénéfices de ces capitaux américains retournent finalement dans le patrimoine des 300 millions d'Américains pour leur plus grande satisfaction ! » et exhortant les « Français pauvres et antilibéraux » à suivre l’exemple. Encore faut-il que le postulat « Tous en profitent « soit exacte ». En France, 6.7 millions de personnes en possèdent auquel il faut ajouter 2.2 millions de souscripteurs de sicav et de fonds communs de placement. C'est-à-dire un sixième de la population seulement. Ensuite, beaucoup d’entre eux, le fameux actionnariat populaire,  ne possèdent qu’une poignée d’actions, insuffisant pour en tirer un revenu stable. D’après Les Echos (http://www.lesechos.fr/patrimoine/bourse/200079714.htm) « l'actionnariat en direct a du mal à se démocratiser. Le « noyau dur » reste constitué des détenteurs d'actions les plus aisés et les plus âgés, dont le poids s'est d'ailleurs encore renforcé ».

Ce n’est donc qu’une minorité déjà pourvue qui récolte les fruits de la croissance économique, mais en plus les salariés ne subissent que les conséquences des politiques génératrices de profits.

Les actionnaires font de plus en plus pression pour que leurs investissements rapportent beaucoup à court terme, soit par les dividendes versés soit par le cours de l’action. C’est à dire que la valeur spéculative de l’entreprise supplante bien souvent sa valeur réelle, liée à ses actifs et perspectives de production. Ces actionnaires privilégieront le rendement immédiat de leurs action au dépends des investissements dans l’entreprise et de la hausse des salaires. Que ces méthodes hypothèquent l’avenir de l’entreprise et de ses salariés à long terme ou même l’intégrité de leur pays peu importe ! Ils pourront toujours vendre et investir ailleurs en temps voulus.

Pour imposer cette politique, ils ont imaginé et imposé un système de rémunération des dirigeants d’entreprise en fonction du cour de l’action et non plus en fonction des résultats (les fameuses stock options). Ils bénéficient donc en plus de la complicité des dirigeants, eux-mêmes actionnaires en stock options à hauteur de plusieurs millions, voir centaines de millions d’euros dans les cas les pires.

Le cas EADS fait école : les dirigeants actionnaires complices de certains actionnaires tout court (Lagardère) ont comploté pour tirer profit au maximum de leurs actions cachant les difficultés de production de la filiale Airbus, minant de ce fait l’entreprise, lésant les salariés impuissantes, trompant les petits actionnaires ignorants et trahissant la France, leur patrie.

Un autre cas extrême est Danone. Danone ferme une usine en France rentable car les actionnaires trouvent qu’un retour sur investissement de 8% est trop peu. Avec l’argent retirée de la vente, Danone peut investir dans des activités encore plus rentables rapportant plus de 15% aux actionnaires (dont les preneurs de décisions de la boite font partis). Qu’il faille licencier en masse en France pour investir ensuite à l’Etranger dans des pays ou la main d’œuvre est iniquement exploitée n’entre pas en ligne de compte.

 

 

Ainsi, la croissance ne bénéficie de moins en moins au commun des mortels. Elle gonfle surtout les revenus du capital, c'est-à-dire de ceux déjà bien pourvus. L’employé lambda a peu de chance de voir ses revenus augmenter même si son entreprise est florissante. Tout au plus le chômeur trouvera plus facilement un emploi. Le comble est que ces revenus du capital sont beaucoup rapportent en taxe proportionnellement moins que les revenus du travail ou échappent plus facilement à l’impôt (niches fiscales, délocalisation des revenus….). Certains feront remarquer que l’actionnariat salarial a été promotionné ces dernières années, notamment lors des privatisations. L’idée n’est pas mauvaise puisque elle lierait les revenus du salarié aux résultats. Sauf que dans la réalité peu d’actions sont au mains des salariés et presque toutes se concentrent dans les mains d’une minorité d’individus qui gardent ainsi la mainmise sur els orientations stratégiques de l’entreprise. D’ailleurs, lors de chaque privatisation le gouvernement ne donnait au « bas peuple»  la possibilité de n’acheter qu’une poignée de ces fameuses actions, en réservant la majorité à des institutions ou personnes phares du monde économique et politique.

 

Bref, plus de croissance c’est mieux, mais surtout pour les gros poissons. Pas de croissance est terrible car les actionnaires se débinent en masse sans état d’âme, et en bout de ligne les salariés trinqueront en premier par la perte de leur emploi ou la baisse de leur salaire, et par la même l’ensemble de la société qui devra prendre en charge les prestations sociales versées à ces nouveaux chômeurs..

 

Par Gilles Quinton - Publié dans : politika
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Mercredi 6 septembre 2006 3 06 /09 /Sep /2006 12:29

La démocratie dévoyée

Je ne compte pas vous infliger un cours sur les origines du mot « démocratie » ou sur la démocratie elle-même. Le propos de cet article est d’aborder un point crucial, à savoir si à notre époque le concept de démocratie n’a pas été dévoyé, instrumentalisé et quelles sont les limites de la démocratie.


La démocratie parfaite

Quels sont les concepts de base de l’idée démocratique ? Pour quelle finalité s’organise t-on démocratiquement ? Quels bienfaits pour l’individu et l’organisation de la société ?

L’idée première de nos ancêtres qui s’organisèrent démocratiquement était de faire participer tous les citoyens de la citée considérés comme capables à son administration. La citation attribué à Périclès résume ce concept : « La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. » Il existait néanmoins des discriminations en rapport avec l’âge, le sexe, le statut social (esclave/homme libre) propres à chaque culture, mais bien qu'étant autant de dénis démocratiques elles ne remettent pas en cause la philosophie sous-jacente.  Mettre en symbiose ou en concurrence toutes les idées et ressourcent individuelles ne pouvait qu’enrichir les options de développement. N’importe qui pouvait remettre en cause l’ordre établi et proposer des solutions alternatives pour ensuite les confronter et les affiner avec l’ensemble des citoyens dans un débat constructif et enrichissant visant à appliquer les meilleures solutions possibles aux défis divers à relever. L’objectif était autant  de résoudre les défis que de souder l’ensemble des citoyens autours d’actions précises. En d’autres termes, l’ouverture d’esprit et la coopération entre ses citoyens donne un plus à la citée, la renforce sur la scène géopolitique et la conforte en tant qu’entité propre. C’est aussi et surtout l’idée humaniste que chaque citoyen possède en lui la connaissance et l’intellect suffisant pour prendre part aux décisions qui le concerne lui et ses concitoyens.

 

La démocratie contemporaine

De nos jours, cette définition idyllique de la démocratie est encensée comme l’unique système d’organisation politique viable et pérenne, et mis à part les fascistes et les monarchistes il est dans l’air du temps d’y adhèrer. Mais cette vision de la démocratie est-elle vraiment d’actualité aujourd’hui dans nos sociétés modernes ?

Les systèmes d’organisation politique ont évolué. Les états nation très peuplés ont remplacés les cités grecques de quelques milliers d’individus. Les peuples susceptibles d’adhérer à la démocratie se sont extraordinairement diversifiés dans leurs cultures, leurs religions et leurs morales. Les propositions d’organisation économiques et sociales  se sont multipliées au fil de l’histoire ; anarchistes, socialistes, sociaux-démocrates (dont le PS français qui n’a de socialiste que le nom), libéraux, sociétés claniques, de castes …. tous (ou presque)  se réclament ou souhaitent au moins une certaine forme de démocratie, ne serait ce que pour bénéficier d’une reconnaissance internationale. Il y a en fait  autant de formes de démocratie que d'organisations sociales qui se veulent être démocratiques. Toutes ces organisations contemporaines ont un commun au moins un point ; se ne sont plus des démocraties directes. La démocratie directe est une assemblée de citoyens se réunissant sur en un temps et un lieu donné pour discuter et prendre des décisions collectives. Compte tenu du nombre de citoyens et de l’étendu géographique de nos états contemporains, le seul moyen d’organisation démocratique en vigueur actuellement est la démocratie représentative. Les citoyens élisent un minuscule groupe d’individus chargés de prendre pour un temps limité les décisions au nom du peuple. Et là, à mon avis nous entrons dans un système qui  sape la démocratie de part la mauvaise qualité de ce « minuscule groupe ».

 

Le vote : incarnation de la démocratie et de l’instrumentalisation de la démocratie

Ne peut-on penser que les premiers citoyens ayant décidés de s’organiser représentativement ont tenu comme logique que le peuple élirait ceux d’entre eux les plus capables, intelligents, ouverts d’esprit, impartiaux, intègrent, désintéressés et primant la cause commune avant leurs intérêts personnels ? Force est de constater que ce n’est pas le cas. Hormis quelques exceptions, généralement ce ne sont pas ceux qui sont dotés d’au moins quelques unes des meilleures qualités humaines qui sont élus, mais ceux qui arrivent à convaincre une majorité d’électeurs qu’ils les possèdent. Ou selon les termes mêmes du trés libéral-démocrate Financial Times, "Les talents politiques nécessaires pour se faire élire ne sont donc pas les mêmes qu'il faut pour gouverner" à propos du duel Ségo-Sarko montrer comme l'avènement des leaders populistes superficiels et trompeurs sur les idéologues et les rassembleurs.

Du coup, ce sont les plus démagogues, opportunistes et menteurs qui accèdent au summum du pouvoir. Même au sein d’une même parti, c'est-à-dire au sein d’une association censée regrouper des individus partageant un idéal et un but commun, seuls les quelques-uns qui réussissent à se hisser en haut du panier de crabe en écrasant impitoyablement leurs adversaires, pudiquement définis comme « amis politiques », gagnent (Un cas d’école : Sarkozy). Vu les piètres qualités morales de ces individus, l’exercice du pouvoir n’est plus en priorité dédié à la recherche du bien être général mais avant tout à la satisfaction de leurs ambitions personnelles, qui vont de se ménager des privilèges outranciers à jouir de leur emprise morale sur le peuple et sa destiné. Le pouvoir et la vision politique à court terme (jusqu’aux prochaines élections) deviennent une fin en soi et s’accrocher à son mandat comme une sangsue une nécessité vitale pour ne pas retomber dans la masse. Pour y parvenir le politicard de base est toujours prêt à plus de bassesses, car s’il se l’interdisait, un autre pire que lui le fera et risquerait de le coiffer au poteau (Le cas Chirac fait école et ça lui a réussi).

Mais pourquoi sont-ils élus en premier lieu ? Pourquoi l’électeur ne peut-il les démasquer ? Tout simplement parce qu’un personnage retord et ambitieux à plus d’un tour dans son sac pour convaincre le pékin de base (communément appelés « promesses électorales » qui n’engagent que ceux qui y croient, dixit je ne sais qui mais ce précepte constitue le maitre mot d'un certain Chirac), alors qu’une personne honnête se fera fort de n’utiliser que des arguments éprouvés et auxquels il croit. La lutte n’est plus égale et statistiquement les menteurs auront toujours plus de chances d’être élus. Evidemment, si une majorité de citoyens s’intéressait un tant soit peu à la cause publique, aux sciences sociales, à l’histoire, à la géopolitique et possédait une culture de base  suffisante pour démasquer les démagogues, la démocratie serait sauvée. Hélas, la culture des masses est limitée ou bien elle ne s’intéresse pas aux affaires et est surtout sensible au charisme du candidat,  aux idées simplistes et à ce qui la touche directement (baissez mes impôts, please !)

 

Main mise des instances économiques et médiatiques sur le pouvoir

Le plus triste c’est que les décideurs qui émergent sont en grande majorité issus de la « France d’en haut », économiquement bien lotis, que ce soit  héréditairement ou ayant accédé à l’aisance matérielle à la force du poignet de manière souvent peu honnête – je parle d’honnêteté devant la loi (Berlusconi), sinon devant la morale (Bush, Tapie) - et songeront en premier lieu à perpétuer leurs avantages acquis au détriment de cette masse populaire qui représente le cœur de la nation. Sans compter qu’ils disposent d’alliances naturelles et puissantes au sein du pouvoir économique et médiatique avec comme contrat celui de promouvoir une conception de la société qui sied à ces derniers. La collusion des milieux politiques, financiers et médiatiques (les médias étant de plus en plus parti intégrante de groupes financiers) est en effet rampante et les intérêts de ces milieux de plus en plus entrecroisés ; les ministres de l’économie ont souvent été en France pdg de grandes sociétés, Dassault et Lagardère possèdent une part énorme de la presse, Bush est financé par les lobbys des pétroliers, pharmaceutiques, des marchants de canons, etc, Berlusconi lui-même est l’un des hommes le plus riche du monde et a 3 chaines de télévision etc etc… N’est-il d’ailleurs pas de bon ton de dire qu’un Etat doit se gouverner comme une entreprise capitaliste ? Cette conception absurde et purement matérielle (aux oubliettes les visions d’avenir et progressistes), prônée comme alternative à l’intelligentsia politiques professionnelle et corrompue, nous a été plus qu’assené ces derniers temps et a mené des financiers aux plus hautes responsabilités politiques avec la bénédiction du peuple lobotomisé. Hélas, ces financiers se sont montrés encore plus avides que prévus, utilisant le pouvoir législatif pour pérenniser leur emprise sur la société et augmenter leur fortune (Berlu, Bush…) sans pour autant régler les problèmes matériels et existentiels de la population.

Bien que ces collusions soient constamment dénoncées, peu de gens ont accès aux sujets les traitant en profondeur.

 

La démocratie assassinée

Le peuple ainsi floué par sa propre inactivité tient pour trivial que seul le « clan » des hommes de pouvoir et d’argent (bien vêtus, parlant bien, éduqués, raffinés, bien bronzés….) a la possibilité d’agir sur la société et que l’ordre qu’il représente est le seul envisageable. D’ailleurs, n’est-on pas en démocratie et dans un système libéral (faisant référence à  liberté….)? C’est non seulement le règne de la pensée unique mais la conception totalement anti-démocratique que seul une minorité possède la connaissance et l’intellect suffisant pour penser et décider, et qu’en plus ce pouvoir se transmet de façon quasi héréditaire au sein d’une classe aristocratique (des passerelles existent néanmoins, si on rentre dans le moule avant tout)

Les idées humanistes et puissamment démocratiques sont systématiquement stigmatisées comme utopiques ou stupides et ceux qui les prônent sont au mieux écoutés de manière condescendante, puis raillés et démontés par des lieux communs et représentations simplistes faussées. Par exemple, comment faire la promotion d’idées progressistes socialistes quant on vous jette continuellement à la face que l’URSS s’est écroulé lamentablement et que Cuba est une prison? Y répondre nécessiterait un minimum de culture historique de votre interlocuteur ou de volonté de progresser et de disponibilité…. Bon courage ! Dîtes leurs de lire un peu de Marx, Trotski ou de Bakounine avant de déblatérer des inanités et vous êtes catalogués comme dangereux pour la démocratie, si ce n’est nihiliste (qui connaît le sens de ce mot ?). Pourtant, même si on n’adhère pas à leurs projets de sociétés, les discours de ces penseurs recèlent plus d’idées profondes sur ce que pourrait être un gouvernement «  du peuple par le peuple et pour le peuple ». Idées qui sans aller jusqu’à une révolution pourrait au moins influencer la sociale démocratie vers un partage des richesses et des décisions plus équitables. Mais comme depuis des lustres le moulin à prière du bien pensant libéral égrené inlassablement par les hommes de pouvoir (politique, économique, médiatique) marche à fond la caisse, penser autrement est quasiment un péché honteux.

Du coup, plus besoin d’interdire l’opposition,  il suffit d’asséner au peuple vos vérités, l’abrutir de distractions superficielles et d’informations tronquées avec la complicité de journalistes et d'amuseurs publiques et de laisser parler dans le vide vos détracteurs-prêcheurs hallucinés.

 

Conclusion

La démocratie a été remplacée progressivement et insidieusement, par une sorte de dictature qui tient pour pêché de saffirmer comme telle. La dictature de la pensée unique, de l’ordre établi, tenant pour évident que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles sans alternative possible.

Des individus peu scrupuleux gèrent nos affaires et il est impossible de les remplacer en passant par les urnes. Les mieux lotis ont intérêt à perpétuer les inégalités et faire en sorte que le peuple soit ou se sente incapable d’influencer le cours de l’histoire. L’abrutissement des masses par la consommation, les jeux, les rêves de richesses.

Bref, lutter contre cet ordre sera une entreprise de longue haleine nécessitant de lutter pas à pas pour une meilleure éducation, des médias indépendants, une meilleure représentativités des opinions, la séparation des pouvoirs….A moins que l’effondrement brutal de la société de consommation capitaliste du à ses contradictions (croissance infinie, épuisement des matières premières, guerres…) permettent à nos descendant de repartir dur des bases plus saines d'ici quelques décénies.

Par Gilles Quinton - Publié dans : politika
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